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La liberté, au-delà du perfectionnisme




Douce, sage, discrète.Je ne crois pas que ces adjectifs seraient venus à l’esprit de n’importe quelle personne qui aurait posé son regard sur l’enfant que j’étais.Casse-cou, bruyante, têtue.Boule de feu.C’est comme si mon être cherchait à crier, à exprimer cette opposition à cette perfection que tout le monde nous demandait sans la nommer.Enfant rebelle, je voulais écrire mes propres règles, et dessiner ma propre réalité.Mais derrière cette volonté affichée de refuser ce conformisme ambiant, je m’attelais sans le savoir à ressembler à certains modèles et certains idéaux.Je ne voulais pas ressemble à la petite fille blonde qui courrait en dansant au-dessus des problèmes.Je voulais être cette autre, qui réalisait ses rêves, et qui voulait montrer au monde entier que rien n’importait, que tout était facile, même quand je devais surmonter mille obstacles.Efforts dans l’ombre et insouciance dans la lumière.


J’ai rempli les cases.J’ai même créé des cases.Grandes, spacieuses, et pourtant limitantes.J’ai redessiné les contours de ma propre prison.J’ai changé le prisme, mais j’ai gardé la restriction.J’ai abordé la vie sous le prisme de la liberté.Vivre loin du cadre oui, mais faire en sorte d’être la meilleure.Trouver une faille d’originalité, mais assurer la réassurance et la validation des autres.Je me suis défaite des idéaux, mais mon regard oscillait entre la route devant moi pleine de promesses d’avenir et le rétroviseur rempli d’une espérance d’amour.Faire mes choix, et être libre, oui.À condition d’avoir l’approbation.L’admiration.
Je vivais dans ma tête, allongée sur mes rêves, faits de collines douces, et de champs vert tendre.Dans mon monde intérieur, tout était idéal, et je ne doutais pas que le jour où je mettrai des choses en place, elles seraient parfaites.J’avais la certitude inavouée que ce serait facile.

Je me berçais dans les illusions que je ne commençais pas ce qui me tenait à cœur, car ce n’était pas le moment, car je n’avais pas le temps, l’argent ou toute autre ressource éphémère.


Et comme un torrent, l’entrepreneuriat s’est imposé à moi.Et comme un torrent, il a tout emporté.La certitude que tout irait bien.La conviction que ce serait différent pour moi.J’ai douté.J’ai chuté.Et je me suis rapproché à un perfectionnisme illusoire.Tout faire, bien, mieux.Encore plus, et encore mieux.Et tomber deux fois plus vite.J’ai fait face à mes peurs d’adultes et à mes blessures d’enfant.J’ai appris que le fait était toujours bien que pas fait.J’ai accepté d’être dans l’erreur, de dire non.Et, surement le plus difficile, j’ai accepté de prendre le risque de décevoir les autres.Et pire.De me décevoir moi.Ne pas atteindre certains objectifs.Ne pas anticiper les imprévus.


J’ai pris le risque d’être vulnérable et de ne pas savoir.J’ai fait tomber les masques de l’invincible.Je ne suis pas devenue faible.Je me suis rapprochée de mes émotions.Je me suis rapprochée d’une part blessée en moi, une part douce, intuitive, une part qui écoute et qui guérit.Une part qui rassemble et recolle tous les bouts en moi.Une part qui aime sans condition.Et dans cette acceptation, j’ai trouvé le chemin, j’ai trouvé ma vérité.


L’évidence que j’étais assez.La certitude que j’étais faite pour accompagner à mon tour, tous ces hommes, toutes ces femmes, sur le chemin d’une liberté qui ne se caractérise pas seulement par l’exploration de lieux inconnus et l’aventure dans des espaces non visités.La volonté de dire au et fort, cette vocation qui fait de moi une femme à la foisprofondément cartésienne, et avec une spiritualité sincère et sans artifice.


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