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Et parfois tout est trop.



Et parfois tout est trop. Mes sentiments, mes émotions. Le bruit extérieur. Les paroles des autres autour de moi. J’ai parfois envie de mettre des coups de pied dans tout ce brouhaha qui m’empêche d’écouter jusqu’au propre battement de mon cœur. Trop de discussions. Trop de discussions superficielles et de mots vides de sens. Trop de publicités qui inondent nos écrans, trop éclairés, et pas assez chargés. Trop. J’ai longtemps voulu m’extraire. De ces trop. J’avais envie de fermer la porte du monde, et rentrer dans mon monde à moi.


Mais comme une injonction à être là pour l’autre m’empêchait de disparaitre au plus profond de moi. Alors, je faisais ce que j’avais toujours fait. Je m’adaptais. Je rangeais mon besoin de solitude et de silence, et je me jetais dans le bruit du monde qui hurlait. Trop de personnes. Trop d’attentes. Trop. Toujours. Et comme seul rempart l’illusion d’une forme de perfection inatteignable. 



Et toutes les personnes sur ma route, qui m’imposaient leur propre critère du trop. “Trop penser” “Trop complexe” “ Se prendre trop la tête”. Alors, inlassablement j’essayais de rentrer dans leurs cases étriquées, mais la mesure n’était pas juste. C’était trop ou pas assez. 

Même si je donnais le change. Au fond de moi je gardais cette pensée lancinante que je ne correspondais pas. J’aurais pu m’en moquer. Mais quelque chose en moi voulait se conformait. Je rêvais d’endroits où je pourrais parler à l’excès et me taire durant des heures. L’un après l’autre. Et peut-être même les deux à la fois. Crier en silence.

J’avais besoin d’espace, toujours plus d’espace pour pouvoir éteindre les projecteurs qui mettaient en scène mon propre spectacle, et enfin être moi. Je me suis toujours définie comme une personne extravertie, dont le moteur principal était l’autre.

Plus jeune, j’aurais troqué sans hésiter mon propre bonheur pour voir briller la joie dans les yeux des personnes que j’aimais.

Mais quelque chose n’était pas juste dans l’équation. Le poids d’une tristesse indicible devenait trop lourd à porter. Alors je trouvais mon silence dans des espaces valorisés. Je m’enfermais dans des livres, je me jetais à corps perdu dans mes études ou mon travail. Je voulais juste qu’on me laisse en paix. Je voulais juste être avec moi-même. Sans justification. Sans avoir à expliquer ou à commenter quoi que ce soit.

Le monde moderne n’a de cesse de valoriser l’extériorité. Mais à quel prix ? L’introversion est parfois symbole d’ennui dans la bouche de ceux qui n’ont appris à voir qu’au travers le rire de l’autre et de l’extérieur. 

Je me suis heurté à mes propres barrières. A mon propre désir de satisfaire le monde constamment. Et puis quand je n’ai plus eu rien à offrir au monde, je me suis sentie vide. Alors comme une option de dernier secours, mon regard s’est tourné vers l’intérieur. Vers toutes ses zones de moi qui demandaient à être vues, entendues, comprises, aimées. 
 J'ai apprivoisé tous ces bouts de moi éparpillés dans mon intériorité, et aujourd’hui je cesse de m’excuser pour ces trop. Ils font partie de ma sensibilité. Je ne cherche ni à les justifier ni à les réduire à des niveaux acceptables. Je leur donne de l’espace. Et si cela veut dire exprimer mon besoin d’être seule, alors je le fais. Si cela passe par le besoin de couper toute forme de communication extérieure, je le fais, si je dois renoncer à certains évènements sociaux, je n’ai plus de culpabilité.

 Et la vérité c’est que je n’ai jamais été aussi en paix que depuis le moment où j’ai redonné cette juste place à mon intériorité.
 Je ne prône pas une vie auto-centrée. Je plaiderai toujours pour l'équilibre. Mais avec le Soi au centre, et plus en périphérie. Alors je vous souhaite à tous.tes de vous replacer au centre de votre univers, et de (re)devenir le soleil de votre galaxie.




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